Le cri d’alarme des diplomates en grève

Des diplomates manifestent près du ministère français des Affaires étrangères le 2 juin 2022 à Paris. NICOLAS GARRIGA / AP

Des banderoles confectionnées par les organisateurs annonçaient la couleur : “des diplomates professionnels en grève”, “Pas tous le même parcours, mais tous avec la même vocation”, “diplôme en voie d’extinction”. Cadres supérieurs et quasi débutants, jeunes et vétérans, la grève du ministère des Affaires étrangères a mobilisé une petite foule ce jeudi 2 juin, sur l’esplanade des Invalides, à deux pas du siège.

La direction du Quai d’Orsay n’a pas estimé la participation, ni les syndicats, mais ce geste rarissime – la dernière grande grève remonte à 2003 – a provoqué une mobilisation sans précédent contre la réforme du ministère dans le cadre. de la réforme de la haute fonction publique initiée par Emmanuel Macron : deux organes du centre du réseau diplomatique sont appelés à disparaître, pour inciter ses membres à rejoindre un groupe interministériel de hauts fonctionnaires, formé, entre autres, de préfets et d’inspecteurs des finances .

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“Dans ma direction, 95% des agents sont en grève”, assure Philippine, 33 ans, qui, comme ses collègues, refuse de citer son nom en raison de son devoir de réserve et par précaution d’interchangeabilité”. “Ce n’est pas du corporatisme, mais l’envie de défendre une carrière où l’on acquiert de l’expérience sur des postes et des négociations”, assure la jeune femme, rentrée il y a tout juste cinq ans. A ses côtés, Nicolas, 43 ans, a traversé une autre administration avant de devenir diplomate et estime que “le ‘Quai’ est déjà grand ouvert” pour répondre à l’un des prétendus objectifs d’une réforme visant à élargir la diversité et la mobilité au sein de l’institution.

“C’est une vocation, pas une expérience de trois ans”

Nicolas et Philippine font tous deux partie d’un corps, le secrétaire aux Affaires étrangères, maintenu à ce stade, mais tous deux s’inquiètent de l’impact du travail effectué dans leur propre carrière : “Les expatriations seront de plus en plus difficiles”. pourront évoluer, et nous serons en concurrence avec des administrateurs d’autres départements.”

Lors du rassemblement, l’agitation a été partagée bien au-delà du cercle des jeunes agents mobilisés depuis des semaines dans la messagerie Signal – le collectif des 500 – qui a poussé les syndicats à agir. L’un des deux directeurs généraux du ministère (sur trois) à faire la grève, Philippe Errera, en charge des affaires politiques et de sécurité, est là. Au sein de l’administration centrale, presque tous les cadres ont suivi le mouvement, avec une grande partie de son personnel. La mobilisation a également été notable dans certains postes à l’étranger, comme Pékin et Téhéran, même si pas plus d’une dizaine d’ambassadeurs ont officiellement rejoint le mouvement. “C’est une vocation, pas une expérience de trois ans”, a tweeté Aurélie Bonal, la numéro deux de l’ambassade de France aux Etats-Unis. »

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