Le dilemme de la Belgique

La Belgique est-elle un pays fiable dans la lutte contre le terrorisme ? Ou sera-t-il victime de chantage ?” Le député Peter De Roover (N-VA) a mis en lumière mardi le terrible dilemme auquel sont confrontés le gouvernement belge et les parlementaires appelés par lui à voter en urgence un projet de traité avec l’Iran.

Tenue au secret depuis février dernier, la détention arbitraire d’un ressortissant belge à Téhéran semble être devenue une monnaie d’échange pour obtenir la libération d’un agent diplomatique iranien condamné à 20 ans de prison pour terrorisme en Belgique.

Par conséquent, le gouvernement belge propose de signer un traité avec l’Iran pour le transfert des condamnés qui permettrait cet échange. Faut-il privilégier le sort d’un compatriote ou s’en tenir au principe de ne pas s’engager dans une condamnation pour terrorisme ?

Cette question faisait suite au débat de haut niveau de mardi au sein de la commission des affaires étrangères de la Chambre, qui examinait le projet de loi du ministre Van Quickenborne.

Le débat rappelle la question des otages occidentaux détenus au Moyen-Orient ou en Afrique. Certains pays préfèrent payer discrètement une rançon tandis que d’autres, généralement anglo-saxons, refusent de plier, quitte à voir l’otage exécuté.

Nul doute qu’Assadollah Assadi, s’il bénéficiait de ce traité, serait gracié par les autorités iraniennes avant même d’avoir foulé le bitume de l’aéroport de Téhéran. Il serait salué comme un héros et apparaîtrait à la télévision. L’Iran considère son agent comme un soldat loyal dans la lutte contre l’opposition iranienne en exil. Mais la Belgique ne peut pas décevoir ses compatriotes, mais qui d’autre pourrait les protéger ?

Face à ce choix difficile, il n’y a pas de bonnes réponses. Il n’y a que des arrangements. Le mérite de la Belgique est de garder ce débat très transparent.

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