Le séisme du Rassemblement national dans l’Aude qui remporte les trois circonscriptions

Les trois candidats du Rassemblement national (RN), Christophe Barthès (1ère circonscription), Frédéric Falcon (2e) et Julien Rancoule (3e), vainqueurs du 1er tour, ont largement remporté la nuit dernière. Pour la première fois de son histoire, l’Aude élit des députés d’extrême droite.

Le plafond de verre brisé

Les échecs des seconds tours des élections législatives de 2012 (dans la 1ère circonscription) et 2017 (dans les 1ère et 2ème), mais aussi les défaites des élections cantonales de 2015, avec 18 apparitions vaines en 19 duels ou triangulaires, sont donc, sinon oublié, du moins effacé. L’Aude a subi un tsunami cette nuit à la suite de la vague nationale qui a envoyé 89 candidats RN à l’Assemblée nationale. Tous trois en tête au premier tour, les candidats du Rassemblement national (Christophe Barthès, Frédéric Falcon, Julien Rancoule) ont fait plus que confirmer, remportant chacun leur duel au second tour, devançant Sophie Courrière-Calmon. respectivement (Mariages), Alain Perea (Renaissance) et Johanna Adda-Netter (Mariages).

Trois gros succès, avec au moins cinq points d’avance (sur le 2e) pour briser le plafond de verre auquel sont confrontés les candidats d’extrême droite du département depuis dix ans. Un grand chelem, et donc une première historique dans une terre socialiste qui, il y a cinq ans, avait envoyé trois députés de la République en marche vers l’Assemblée.

Fissures plus importantes et reprise inutile

Au soir du 12 juin, les candidats RN comptaient respectivement 2 251, 2 699 et 1 291 voix devant leurs poursuivants et adversaires pour le 2e tour. Un écart que Christophe Barthès et Julien Rancoule ont creusé une semaine plus tard, portant leur avance à 3 181 et 2 831 voix. Un écart plus que doublé, donc, pour le candidat de la 3e circonscription. Le 2, Alain Perea, seul député sortant sorti indemne du 1er tour, est parvenu à réduire son retard le 12 juin (de 2 699 à 1 995 voix).

Tant d’écarts se sont creusés qu’ils sont aussi la traduction de la progression impressionnante des candidats RN entre les deux tours. Christophe Barthès, qui au 1er tour avait déjà flirté avec son score du 2e tour 2017, a obtenu 23 914 voix : 8 043 voix de plus que le 12 juin. Un bond également réalisé par Frédéric Falcon, le 2 (+8 354 votes), et Julien Rancoule, le 3 (+8 836 votes).

Ces rapports manquent

Dès le soir du 1er tour, les candidats du Nupes avaient pu faire leur part. Le 1er, Sophie Courrière Calmon avait égalé les résultats accumulés au 1er tour de l’élection présidentielle par les quatre partis réunis sous la bannière du Nupes ; Johanna Adda-Netter, face à une candidature PRG à sa gauche, avait encore quatre points. La recherche de l’abstention, l’appel des électeurs à bloquer le RN et l’espoir de reports, notamment des électeurs d’En Marche qui pourraient jouer le rôle d’arbitre, ont guidé les leurs entre deux tours : une semaine puis le résultat n’est pas là, ou du moins pas assez. Avec une abstention pratiquement équivalente entre le 1er et le 2e tour (de 49,35% à 49% au 1er et de 44,19% à 44,58% au 3e), c’est un pari perdu qui s’est dessiné hier soir, passant sous la barre des 7.113 et 7 347 voix. . Pour Alain Perea, membre de la majorité présidentielle, l’équation a forcément été abordée différemment : et s’il a quasiment doublé son score (de 9 666 à 18 724, soit un gain de 9 058 voix), le constat est cruel cinq ans après son élection, déjà en duel contre le Front national. Lorsqu’il a perdu 1 107 voix entre le second tour de 2017 et 2022, le parti d’extrême droite, avec Frédéric Falcon remplaçant Jean-François Daraud, a obtenu 6 945 voix.

RN des champs, et RN des villes

Si Alain Perea a réussi à réduire son retard, c’est à Narbonne à qui il le doit : où il est arrivé premier, avec 587 voix. Mais la sous-préfecture fait exception. Narbonne est la seule des 17 villes de l’Aude de plus de 2 500 habitants à n’avoir mis aucun candidat RN à la barre. Parti de la ruralité autoproclamé lors de la présidentielle, le Rassemblement national a également creusé un sillon urbain. Un indice du pari gagné par l’extrême droite dans l’Aude, cet établissement local tant revendiqué par les candidats RN entre deux tours. De quoi forcément donner des idées à leurs représentants pour les prochaines échéances locales, et les municipales de 2026. Un rendez-vous pour lequel la gauche a quatre ans pour se préparer. Mais de quelle manière ?

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