Des silos à grains endommagés au port de Beyrouth se sont effondrés après un incendie dimanche, quatre jours avant le deuxième anniversaire de l’explosion dévastatrice au port.
Par AFP Publié le 31/07/2022 à 18:33 Temps de lecture : 3 min
Un nuage de poussière a recouvert le port après l’effondrement de deux des 48 tours, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des hélicoptères de l’armée ont immédiatement survolé la zone pour larguer de l’eau et tenter d’éteindre complètement l’incendie dans la structure.
“Deux autres tours risquent de s’effondrer”, a déclaré à l’AFP le ministre du Développement Ali Hamiyé.
Un incendie qui ravive le traumatisme
Il y a plus de deux semaines, un incendie s’est déclaré dans la partie la plus endommagée des silos, causé selon les autorités et les experts par la fermentation des stocks de céréales restants, combinée aux températures élevées.
L’incendie a ravivé le traumatisme des proches des victimes de l’explosion du 4 août 2020, qui a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise.
L’explosion du 4 août a été déclenchée dans un entrepôt qui abritait des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium entreposées avec négligence. Frappés de plein fouet par le souffle du souffle, les silos à grains du port s’étaient en partie effondrés.
Les flammes et la fumée provenant de l’incendie du début du mois dans les silos sont toujours visibles.
état d’urgence
Après l’incendie, le Premier ministre Najib Mikati a averti cette semaine que certains des silos risquaient de s’effondrer et a demandé aux militaires et à la Direction de la gestion des catastrophes d’être “en état d’alerte maximale”.
Certaines parties des silos contiennent encore environ 3 000 tonnes de blé et d’autres céréales qui n’ont pas pu être enlevées en raison du danger d’effondrement, ont indiqué des responsables.
Les ministères de l’Environnement et de la Santé ont émis des recommandations à l’intention du public en cas d’effondrement de silos, notamment la nécessité d’évacuer la zone, de porter des masques et de fermer les fenêtres des habitations.
En avril, le Liban a ordonné la démolition des silos, mais la décision a été suspendue par l’opposition des proches des victimes du drame qui veulent en faire un lieu de mémoire.
“J’ai pleuré quand j’ai entendu que les silos s’étaient effondrés”, a déclaré à l’AFP Cécile Roukoz, qui a perdu son frère dans l’explosion du 4 août.
“Nous voulons qu’ils restent en tant que témoins du crime (…) et en mémoire de ceux qui ont perdu la vie sans raison”, a-t-il ajouté.