Les noms des variantes du monkeypox ne sont plus discriminatoires. Une réflexion est lancée pour changer le nom de la maladie.
Virus de la variole du singe dans une image colorée, le 26 juillet 2022 à Fort Detrick (Maryland, USA) @BelgaImage
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi avoir renommé des variantes du monkeypox, en remplaçant les noms de régions africaines par des chiffres romains, jugés stigmatisants.
Prochaine étape : Changer le nom de la maladie ?
Ces nouvelles variantes de nom permettent de prendre acte de la réalité actuelle de la maladie. Alors qu’elle était longtemps confinée à une dizaine de pays africains, la grande majorité des nouveaux cas cette année ont été détectés ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis, en Europe et au Brésil.
Dans un communiqué, l’OMS indique également qu’elle mène un vaste processus de consultation en ligne pour changer le nom de la maladie, qui est également considérée comme trompeuse et discriminatoire, car le virus n’est pas lié uniquement aux singes mais il a été démontré chez de nombreux animaux. . , notamment les rongeurs.
Noms de variantes plus neutres
Quant aux variantes, aussi appelées clades, elles portaient jusqu’à présent le nom de régions ou de pays d’Afrique, avec la souche ouest-africaine et celle du bassin du Congo (Afrique centrale), cette dernière bien plus meurtrière que sa cousine. Début juin, une trentaine de scientifiques, dont beaucoup venus d’Afrique, ont écrit une tribune pour demander le changement de ces noms, estimant qu’il était urgent de mettre en place “une nomenclature qui ne soit ni discriminatoire ni stigmatisante”.
Ils ont été entendus par l’OMS, qui a réuni le 8 août des virologues et des experts en santé publique pour parvenir à un consensus sur une nouvelle terminologie. “Un consensus a été atteint pour désigner l’ancien clade du bassin du Congo (Afrique centrale) comme clade un (I) et l’ancien clade ouest-africain comme clade deux (II)”, a-t-il déclaré vendredi à l’OMS. En outre, “il a été convenu que le clade II se compose de deux sous-clades. (…) Ainsi, la nouvelle convention de dénomination comprend le clade I, le clade IIa et le clade IIb, ce dernier faisant principalement référence au groupe de variantes qui circulent largement dans le épidémie mondiale de 2022”, a ajouté l’OMS. Les nouveaux noms de clade prennent effet immédiatement.
Le nom de la maladie – monkey pox – est l’héritage des conditions dans lesquelles la maladie a été découverte dans les années 1950 : des chercheurs danois l’avaient découverte chez des singes dans leur laboratoire. Dans le monde, plus de 31.665 cas et 12 décès ont été signalés, selon l’OMS, qui a activé fin juillet son niveau d’alerte le plus élevé pour renforcer la lutte contre la maladie.