Hellfest in Paradise : Metallica a électrisé le festival métal dans la nuit du dimanche au lundi 27 juin, ce groupe phare doublant l’événement français parmi les grands rendez-vous internationaux du genre. “Vous nous avez rendus bons”, a salué le leader du quatuor californien James Hetfield en s’adressant au public (60 000 personnes dimanche soir, venues pour la plupart pour Metallica).
Après un final grandiose avec Master of Puppets, l’un des incontournables, le chanteur et guitariste est monté sur scène, tout sourire, pour voir le feu d’artifice qui a marqué le spectacle et une 15ème édition exceptionnelle du Hellfest en plus d’un sens.
D’abord parce que la fête de Clisson, petit village au milieu des vignes de l’ouest de la France, non loin de Nantes, s’est tenue cette année pendant deux longs week-ends.
Soit, sept jours au total, 350 groupes programmés, 420 000 spectateurs au total, pour vous faire oublier deux gares blanches en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Un nouveau format qui ne sera pas reconduit, précise le responsable de l’événement Ben Barbaud.
Ensuite, parce que c’est la première fois que le géant de Metallica se produit au Hellfest. Et que le groupe – plus de quarante ans d’existence, près de soixante membres – a prouvé qu’il était encore au-dessus du combat. Le spectacle des vétérans de Guns N’Roses, qui s’est joué la veille au Hellfest, semblait déconnecté en comparaison.
Contrairement à Axuns Rose, leader des Guns N’Roses, avare de mots avec le public, Hetfield, charismatique, entretient le lien avec le public. Alors, après avoir transmis à la postérité la troisième chanson, Enter Sandman, une pépite du Black Album de 1991, la chanteuse lance, amusée : “Eh bien, nous avons joué toutes nos chansons les plus célèbres, qu’est-ce qu’on va faire ?”
Mais Metallica déploie alors d’autres classiques, comme la ballade Nothing Else Matters, recueillie en chœur par le public, seule pièce calme, qui se déroule au milieu d’un spectacle de deux heures. Et Hetfield demande : “Qui voit Metallica pour la première fois ?”. Face au cri de réponse, il rebondit : “Eh bien, bienvenue dans la famille, j’espère que tu as fait tes devoirs et que tu connais les anciens albums.”
Le refrain chanté par le public de Seek & Destroy, tiré du premier album Kill’em all (1983), montre que les chansons de Metallica résistent à l’épreuve du temps. “Est-ce que c’est l’enfer?” demande Hetfield dans le micro, en faisant référence au nom du festival (“Hellfest”, “Festival of hell” en anglais). Et d’ajouter : “Ça n’a rien à voir avec l’enfer”, en désignant la tempe avec son index. L’artiste n’a jamais caché ses tourments intérieurs ni ses séances sur le divan du psychiatre.
Le show des Américains est intense mais avec une sobriété scénique bienvenue par rapport au groupe qui les a précédés : les Suédois de Sabaton avaient pour décor un char entouré de sacs de sable. Metallica ne sombre pas dans l’excellence et reste dans ses fondements de base : l’art du solo et des ongles noirs du guitariste Kirk Hammett, le jeu accroupi du bassiste Robert Trujillo ou Lars Ulrich, le batteur qu’il soulève après un coup, comme un boxeur. après un KO infligé avec son coup fort.
Et, avant que les musiciens ne montent sur scène, le spectacle commence toujours par des images du film The Good, the Bad and the Ugly avec en toile de fond leur bande originale composée par Ennio Morricone. Dans le documentaire Ennio (sorti en salles le 6 juillet), signé Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso) et consacré à ce grand compositeur italien, Hetfield explique aussi que Morricone est une source d’inspiration. Un test que Metallica a toujours vu au-delà du métal.
Ce fragment de la bande originale est précédé d’un titre AC/DC, choisi et publié par le groupe : It’s a Long Way to the Top. “C’est un long chemin pour arriver au sommet”: Mais Metallica y est bien implanté.