BERTRAND GUAY via AFPDans un autre revers pour l’exécutif, l’Assemblée vote une enveloppe pour augmenter les retraites
POLITIQUE – Privé de majorité absolue depuis les élections législatives, le gouvernement a essuyé un nouveau revers, ce mardi 25 juillet à l’Assemblée nationale. Les députés ont voté, contre l’avis de l’exécutif, une revalorisation supplémentaire de 500 millions d’euros pour les retraites, dans le cadre de l’examen du projet de budget révisé pour 2022.
Le vote de cet amendement par le groupe indépendant LIOT, emmené par le député Charles de Courson, a été acquis par 186 voix contre 181. La quasi-totalité des députés de l’opposition ont voté pour, seul le groupe LR est partagé entre pour, contre et abstention, tandis que le majorité unie pour s’y opposer, en vain. Le Sénat dominé par la droite peut cependant revenir sur ce vote.
La gauche a immédiatement célébré une “belle victoire”. “Et encore une victoire face aux conseils de gouvernement ! Avec 3 voix, approbation de la revalorisation des retraites au niveau de l’inflation à 5,5%”, s’est félicitée la députée LFI Clémentine Autain, qui a qualifié la mesure d'”avancée”. “À ce niveau là, [Bruno] Le maire devra accepter la taxe sur les super bénéfices”, a-t-il plaisanté.
Et une nouvelle victoire contre le conseil de gouvernement ! Par 3 voix, approbation de la revalorisation des retraites au niveau de l’inflation à 5,5% #DirectAN. Une avance de 500 millions d’euros. A ce rythme, B. Le maire devra accepter la taxe sur les super bénéfices🤣
— Clémentine Autain (@Clem_Autain) 26 juillet 2022
Le député communiste Fabien Roussel a, pour sa part, félicité “une bonne nouvelle pour ceux qui ont travaillé toute leur vie et ont droit à une vie décente”.
La victoire! Contre l’avis du gouvernement, l’Assemblée nationale vient de relever les retraites au niveau de l’inflation.
Bonne nouvelle pour ceux qui ont travaillé toute leur vie et qui ont droit à une vie décente.
— Fabien Roussel (@Fabien_Roussel) 26 juillet 2022
Les députés du Congrès national, pour leur part, ont décrit le vote sur l’amendement comme une “bouffée d’oxygène” pour les retraités. “Un jour, une victoire”, a réagi le député du parti d’extrême droite Alexis Jolly. “Cette revalorisation va permettre à nos retraités de retrouver du pouvoir d’achat”, a-t-il également tweeté.
Un jour, une victoire ! L’Assemblée nationale a adopté un amendement visant à débloquer 500 millions d’euros pour augmenter les retraites en fonction de l’inflation. Cette revalorisation va permettre à nos retraités de retrouver du pouvoir d’achat ! #AssembléeNationale#Retraites#RN pic.twitter.com/mQyzknf3Wz
– Alexis Jolly 🇫🇷Ⓜ️ (@alexisjollyrn) 26 juillet 2022
L’amendement prévoit une revalorisation des pensions tenant compte du niveau réel de l’inflation, soit pour 2022 à 5,5%, alors que le gouvernement a proposé une revalorisation cumulée de 5,1% (1,1% en janvier et 4% en juillet).
Un examen du projet de loi semé d’embûches
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a tenté, en vain, de désamorcer le dossier, assurant que face à une inflation galopante, “le plus probable est qu’il y aura une nouvelle revalorisation des retraites en janvier 2023”.
Ce n’est pas le premier revers pour le gouvernement. L’examen depuis vendredi par l’Assemblée du projet de budget rectifié est semé d’embûches pour la majorité. Lundi soir, par exemple, 230 millions d’euros ont été approuvés pour le chauffage des habitations au fioul contre l’avis du gouvernement, qui privilégiait une aide de 50 millions d’euros.
Samedi, l’Assemblée a décidé d’allouer 120 millions aux départements verseurs du RSA en 2022, pour compenser intégralement la hausse de 4 % de cette prestation prévue par l’Etat. La mesure a été obtenue par la conjonction des votes favorables de la gauche, du RN, du LR mais aussi des députés du groupe Horitzons. C’est la première fois que ces alliés de la majorité font leur différence.
Les eurodéputés votent les crédits pour la renationalisation d’EDF
Par ailleurs, les députés ont voté ce mardi le financement par l’Etat de la renationalisation à 100% d’EDF, une opération de 9,7 milliards d’euros visant à sortir le groupe de production et de fourniture d’électricité de sa routine financière et industrielle.
Les députés ont voté ces crédits par 209 voix contre 156. Les écologistes ont dénoncé le “cours de toute l’énergie nucléaire” tandis que LR a déploré la fermeture inverse de la centrale nucléaire de Fessenheim. Au total, l’Assemblée a voté une dotation de 12,7 milliards d’euros pour d’éventuelles opérations d’accompagnement des entreprises stratégiques françaises au cours du second semestre.
Le gouvernement détient déjà 84% d’EDF et compte lancer une offre publique (POA) qui se terminera fin octobre. Ce retour à 100% de l’Etat à EDF a été annoncé le 6 juillet par la Première ministre Elisabeth Borne.
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