Depuis plusieurs jours, un épaulard est aperçu avec beaucoup de difficulté sur la Seine entre Le Havre et Rouen. Mercredi 25 mai 2022, le Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (Gecc) a alerté l’AFP sur son état de santé, parlant d’un “pronostic vital”.
Mais comment ce mammifère, qui vit normalement dans l’eau salée, s’est-il retrouvé dans la Seine ? Quelle est votre espérance de vie ? Les autorités peuvent-elles intervenir ? Nous résumons la situation en cinq questions.
1. Depuis combien de temps êtes-vous sur la Seine ?
L’épaulard, un jeune mâle d’environ quatre mètres de haut, a été repéré pour la première fois le 16 mai entre Honfleur et Le Havre, près du pont de Normandie. Cet épaulard viendrait d’une ville qui est “à côté de l’Irlande”, a expliqué Sébastien Jacquot, chef de projet du Gecc, à nos confrères pendant 20 minutes.
Cette espèce vit généralement en groupe, mais plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cet isolement. Il aurait échappé au groupe « par curiosité » ou « à la chasse, probablement au phoque », précise Sébastien Jacquot. Delphine Eloi, du Gecc, explique qu’une maladie aurait pu être à l’origine de cet éloignement. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. »
L’association C’est Assez !, qui lutte contre la captivité, la mise à mort des cétacés et des mammifères marins, suit la progression de l’orque, comme l’illustre ce tweet.
2. Quel est votre état de santé ?
“C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Nous sommes très, très inquiets. Gérard Mauger, vice-président du GECC, l’a indiqué à l’AFP mercredi 25 mai.
Cet “orque, espèce protégée et sauvage”, est “très faible”, a confirmé la préfecture de Seine-Maritime dans un communiqué. Alexandre Gannier, docteur en écologie marine et spécialiste des cétacés, a toutefois déclaré vendredi 27 mai à franceinfo que “l’épaulard (n’était) pas à l’agonie”. Ce mâle adulte “est faible, a probablement perdu quelques kilos mais semble toujours avoir du tonus”.
3. Est-ce qu’un épaulard dans une rivière est commun?
La présence de cet orque dans la Seine est extrêmement rare. Cet animal « n’a naturellement pas vocation à évoluer séparément de son groupe, ni dans des cours d’eau douce. Il pourrait être blessé ou malade », a précisé la préfecture de Seine-Maritime. […] met en danger cet animal sauvage mais surtout il fait courir un risque aux personnes ». Privé des minéraux apportés par l’eau de mer, le système immunitaire de l’orque est affaibli par l’eau douce.
“Elle fait des allers-retours. Elle est assez introvertie, ce qui est assez surprenant”, a déclaré Sébastien Jacquot à France Info.
Cependant, ce n’est pas la première fois qu’un épaulard est détecté en eau douce. “En octobre 1931, une femme de 4 pieds de long a descendu le fleuve Columbia dans l’Oregon [États-Unis]plus de 100 milles et y est resté près de 100 jours », précise l’encyclopédie Larousse.
4. Peut-il durer longtemps ?
“Plus vous restez longtemps en eau douce, plus vite votre santé se détériore. C’est très loin de la mer. Il est très difficile de trouver des solutions pour tenter de vous inciter à reprendre le chemin de l’eau salée”, prévient-il. Mauger à l’AFP.
“Son état de santé la rend plus à l’aise sur le fleuve car elle est moins blessée. Il consomme moins d’énergie, mais est plus difficile à nourrir : il y a moins de proies qu’en mer, et il est tout seul, alors que ce sont des animaux qui chassent en meute. »
Or, si aucune assistance n’est effectuée et “si l’épaulard reste comme ça pendant des semaines, il va mourir”, prévient Alexandre Gannier sur France Info.
5. Les autorités ou organisations de protection des animaux peuvent-elles intervenir ?
Selon plusieurs experts, les autorités compétentes doivent intervenir pour lui sauver la vie. Selon Sébastien Vannier, les personnes ayant une expérience des cétacés pourraient “avec une pirogue semi-rigide, très doucement, avec beaucoup de patience, gentiment suggérer à l’épaulard la direction à prendre pour sortir de ces méandres de la Seine”. Cette opération doit se faire “en collaboration avec les autorités de l’Etat, la préfecture maritime”, précise-t-il.
Mais mercredi 25 mai, une rencontre entre le préfet de Seine-Maritime et…