Bloqué depuis deux mois entre Rouen et Le Havre, l’orque va-t-il enfin quitter la Seine ? La préfecture de Seine-Maritime a lancé ce samedi une opération pour aider l’animal, “un orque mâle, une espèce protégée et sauvage”, à rejoindre la mer, son milieu naturel. L’intervention est en cours près de Grand-Quevilly (Seine-Maritime).
“De nombreux experts et spécialistes d’horizons très différents sont mobilisés” pour cette intervention, a rappelé la préfecture sur Twitter. L’opération vise à assurer “un suivi à distance de l’animal à l’aide d’un drone, coordonné avec une intervention visant à assurer la diffusion de stimuli sonores (sons émis par une population d’orques) pour attirer et guider l’animal vers la mer”.
#Orc 🐳 opération de guidage en cours.
📸 photo prise ce matin sur les quais de Seine, avant le départ de l’équipe mobilisée.
De nombreux experts et spécialistes d’horizons très différents y participent👩🏻🔬🧑🏻🚒👮🏻♂️👧🏽👨🏼 pic.twitter.com/RlxT3sMO7e
— Préfet de Normandie et de Seine-Maritime (@ Prefet76) 28 mai 2022
Cette solution a été retenue à l’issue d’une réunion tenue vendredi, sous l’autorité du préfet, à laquelle ont participé tous les acteurs et partenaires concernés. Parmi les mobilisées figure Charlotte Curé, chercheuse en bioacoustique des cétacés au Centre d’études et d’expertise Risque, Environnement, Mobilité et Aménagement (Cerema). “C’est expérimental, on n’est pas sûr que ça marche”, a déclaré le scientifique dans une vidéo de la préfecture publiée sur Twitter.
deux bateaux
Sur le terrain, Charlotte Curé s’appuie sur les membres du Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (Gecc), dont sa directrice Delphine Éloi. C’est ainsi qu’il explique, dans une vidéo sur Twitter, le déroulement de l’intervention : “Un bateau va essayer d’attirer l’épaulard et un bateau, derrière, derrière l’épaulard, va observer son comportement et transmettre l’information en direct au premier bateau. »
Apercu pour la première fois le 16 mai entre Honfleur et Le Havre, près du pont de Normandie, l’orque “est probablement arrivé déjà affaibli vers l’estuaire de la Seine”, a indiqué Gérard Mauger, vice-président du GECC, une association basée à Cherbourg. missionné par l’Office français de la biodiversité (OFB) pour étudier et préserver les mammifères marins du Canal.
En appelant à “éviter toute concentration ou agglomération à proximité” qui pourrait “mettre en danger cet animal sauvage mais surtout présenter un risque pour les personnes”, la préfecture avait annoncé la prise de mesures légales sur la base d’un avertissement à la navigation. qu’il ne s’approche pas du cétacé”. Selon Gérard Mauger, cet épaulard dont la longueur est “difficile à estimer” pourrait mesurer “dans 4/5 mètres”.