Pourquoi le cancer du pancréas sera plus inquiétant à l’avenir

Ce taux élevé est dû à l’incapacité de traiter correctement ce cancer lorsqu’il est diagnostiqué à un stade avancé, ce qui arrive souvent. Ce cancer se caractérise en effet par une progression silencieuse, sans symptômes apparents, et métastase très rapidement. Lorsque les premiers signes avant-coureurs apparaissent (ictère, perte de poids, fatigue, douleurs abdominales ou dorsales), le cancer s’est déjà propagé aux tissus environnants (foie, ganglions lymphatiques). Il est trop tard pour être enlevé par chirurgie.

Pourquoi y a-t-il plus de cancers du pancréas ?

Autre aspect inquiétant du cancer du pancréas, de nombreux experts prédisent que son impact risque de s’aggraver dans les années à venir. De plus, cette maladie pourrait devenir la deuxième cause de décès par cancer en 2030. Un article récent résume les principaux facteurs à l’origine de cette tendance à la hausse :

Obésité et diabète

Historiquement, le tabagisme était le principal facteur lié au mode de vie associé à un risque accru de cancer du pancréas (le risque est doublé chez les fumeurs). Avec la chute drastique du nombre de fumeurs, on aurait normalement dû s’attendre à une forte diminution de l’incidence du cancer du pancréas. Similaire à la baisse constante des cancers du poumon observée au cours des quinze dernières années. Malheureusement, ces gains ont été contrebalancés par la montée en flèche des taux d’obésité et de diabète, qui sont également des facteurs de risque importants pour le cancer du pancréas.

Meilleure identification des cellules cancéreuses

L’amélioration constante des outils de diagnostic (imagerie haute définition, tests génétiques et biochimie ultrasensible) permet désormais de déterminer avec plus de précision l’origine des cellules cancéreuses. Les tumeurs qui étaient auparavant classées comme d’origine inconnue peuvent maintenant être identifiées et trouvées comme étant d’origine pancréatique.

Améliorer l’efficacité du traitement de divers cancers

Le dépistage et le développement de nouveaux médicaments ont entraîné des réductions significatives des taux de mortalité par cancer du sein, de la prostate et du côlon. Malheureusement, ces avancées n’ont pas eu autant de succès dans le traitement du cancer du pancréas. Par conséquent, une proportion croissante de la mortalité liée au cancer touche les patients atteints de ce cancer.

Plus d’obésité, plus de cancer

L’excès de graisse représente un état pathologique associé à une inflammation chronique. Une surproduction de divers facteurs de croissance et des altérations métaboliques importantes qui, collectivement, favorisent le développement de divers types de cancer. En ce qui concerne le cancer du pancréas, des études indiquent que les personnes obèses au début de l’âge adulte (20 à 49 ans) sont 150 % plus susceptibles d’avoir un cancer du pancréas.

Comment prévenir le cancer du pancréas

Éviter de fumer : Maintenir un poids santé et réduire la consommation de viandes rouges et charcuteries au profit de sources de protéines végétales sont les moyens les plus connus pour limiter la progression de ces microtumeurs et prévenir le développement du cancer du pancréas. Ceci est d’autant plus important que nous sommes à haut risque de développer ce cancer. Car les autopsies pratiquées sur des personnes décédées de causes autres que le cancer révèlent que 75 % de la population présente des lésions précancéreuses au niveau du pancréas.

Sources

Rahib L et al. Projection de l’incidence du cancer et des décès d’ici 2030 : le fardeau inattendu des cancers de la thyroïde, du foie et du pancréas aux États-Unis. Cancer Rien. 2014 ; 74 : 2913–2921.

Wallis C. Pourquoi le cancer du pancréas est en hausse. Scientific American, 1er avril 2018. merican.com/article/why-pancrea-tic-cancer-is-on-the-rise/

Li et al. Indice de masse corporelle, âge d’apparition et survie chez les patients atteints d’un cancer du pancréas. JAMA 2009 ; 301 : 2553-2562.

Cubilla AL et PJ Fitzgerald. Lésions morphologiques associées au cancer du pancréas primitif invasif non endocrinien humain. Cancer Rien. 1976; 36 : 2690-8.

* Presse Santé s’efforce de transmettre les connaissances en santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations fournies ne sauraient remplacer l’avis d’un professionnel de santé.

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Mots clés

Cancer du pancréas lésions pancréatiques obésité

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