Premier ministre : Macron peut-il ignorer Mélenchon si Nupes remporte les législatives ?

Que se passerait-il au lendemain d’une victoire du Nupa aux législatives ? Emmanuel Macron, selon la Constitution, ne serait pas obligé de nommer Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Mais la Constitution permet également aux députés de rejeter toute autre option.

Emmanuel Macron bénéficiera-t-il d’une majorité absolue ou relative ? C’est la question la plus fréquemment posée lorsque l’on considère le résultat des élections générales des 12 et 19 juin.

Une autre question se pose cependant régulièrement, de plus en plus fréquemment, à mesure que se resserre l’écart d’intentions de vote entre les candidats de la majorité présidentielle et Nupa : le président de la République réélu serait contraint de désigner Jean-Luc Mélenchon ? Premier ministre si les noces remportaient les élections législatives ?

Une question qui se pose d’autant plus avec acuité que Jean-Luc Mélenchon lui-même a contribué à entretenir le doute, parvenant à imposer un nouveau slogan dans une campagne de ce type : « Élisez-moi Premier ministre ».

Selon la Constitution, le chef de l’Etat “nomme le Premier ministre”

Une position qui a fini par réchauffer Emmanuel Macron. Qui, ce vendredi 3 juin, dans le cadre d’une interview accordée à Midi Libre et à la presse régionale, a assuré que “le président choisit la personne qu’il nomme premier ministre en regardant le Parlement”. Avant d’ajouter : “Aucun parti politique ne peut imposer un nom au président.”

La Constitution française lui en donne le droit dans son article 8 : le chef de l’Etat « nomme le Premier ministre » est clairement énoncé, sans le soumettre à aucune condition.

Un vote de confiance obligatoire des députés

Cependant, les rédacteurs de la Constitution française ont également prévu à l’article 49 que le Premier ministre a l’obligation d’obtenir un vote de confiance à l’Assemblée nationale.

Autrement dit, si Nupes avait la majorité absolue à l’Assemblée nationale et que l’élection d’Emmanuel Macron au poste de Premier ministre ne lui convenait pas, le groupe de ses adjoints pourrait refuser de faire confiance à ce chef de gouvernement, voire même et tous voter sur une motion. de censure, plaçant le chef de l’Etat devant ses responsabilités et dans une position délicate.

Quels précédents ?

En fait, dans les cas de cohabitation précédemment connus, ce blocage n’a jamais eu lieu.

Le test avec deux exemples. Le président socialiste François Mitterrand avait convoqué à Matignon en 1986 le chef de file de l’opposition de droite (qui venait de remporter les législatives), Jacques Chirac. Et lui, devenu président de la République, avait nommé le socialiste Lionel Jospin. Premier ministre, après la victoire de la gauche plurielle en 1997.

Emmanuel Macron, au cas où le Nupes obtiendrait la majorité absolue à l’Assemblée nationale le 19 juin, a parfaitement le droit de ne pas nommer Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Mais les députés auraient la possibilité de révoquer immédiatement son élection.

Ensuite, il n’y a plus que deux options pour Emmanuel Macron pour sortir de cette impasse : nommer enfin Jean-Luc Mélenchon au poste de Premier ministre, ou dissoudre l’Assemblée nationale, ce qui est également autorisé par la Constitution. De nouvelles élections législatives seraient alors convoquées prochainement

Hypothèses actuelles peu probables

Hypothèses assez improbables pour le moment, les projections au siège des enquêtes d’opinion convergent actuellement toutes dans le même sens. Le Harris Interactive organisé du 3 au 6 juin par Challenges en collaboration avec Midi Libre indique que le Nupes pourrait obtenir entre 120 et 184 députés, alors que la majorité absolue est fixée à 289 députés. Selon le même sondage, le camp du chef de l’Etat conduirait entre 285 et 355 élus au palais Bourbon.

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