Renationaliser EDF, un message politique qui ne résoudra pas à lui seul les difficultés du groupe

Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, lors de la présentation annuelle des résultats de l’entreprise 2021, le 18 février 2022, à Paris. GONZALO FUENTES / REUTERS

Renationaliser EDF ? Comme beaucoup de ses concurrents, notamment à gauche, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron y a fait allusion en mars. Sa première ministre, Elisabeth Borne, l’a confirmé mercredi 6 juillet à l’Assemblée nationale : l’Etat “entend” reprendre 100% du groupe Electricité de France (EDF), dont il détient déjà environ 84% des parts.

L’exécutif envisage également de remplacer Jean-Bernard Lévy avant la fin de son mandat en mars 2023 : alors l’actuel patron d’EDF aura atteint la limite d’âge de 68 ans, fixée par l’entreprise. Le “processus de succession” a déjà commencé, indiquent dans un communiqué daté du 7 juillet, le ministère de l’Économie et le ministère de la Transition énergétique.

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La renationalisation d’EDF est symbolique, après l’ouverture de son capital en 2005. Un symbole que l’État actionnaire peut s’offrir à moindre coût : l’action EDF dépasse à peine les 9 euros, dans l’après-midi du 7 juillet, pour une capitalisation d’une trentaine de milliards d’euros. C’est trois fois moins que son prix (32 euros) lors de son introduction en bourse, il y a près de dix-sept ans. Dans ce contexte, le sauvetage des actions restantes (1 % pour les salariés et 15 % pour les investisseurs institutionnels et privés) nécessiterait entre 5 000 et 6 000 millions d’euros. Par la voix du ministre de l’Economie Bruno Le Maire, le gouvernement annonce avoir “inscrit 12,7 milliards (…) pour financer l’opération de nationalisation d’EDF, mais aussi toute autre opération qui pourrait s’avérer nécessaire ici en fin de parcours”. .

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Renationaliser l’entreprise, c’est la soustraire à la bourse, et donc à certaines obligations de communication. Il doit également être tenu à l’écart des radars des agences de notation financière, dont les notations influencent la capacité d’emprunt. “A court terme, l’Etat va devoir résoudre un problème financier majeur, aucune société cotée ne peut soutenir cet effort”, estime Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus Consulting.

Le groupe doit surmonter, en effet, une montagne d’investissements, entre le maintien du parc nucléaire existant et la relance d’un nouveau programme de construction. Soit environ 50 milliards d’euros entre 2014 et 2025 pour le “gros carénage” des cinquante-six réacteurs actuels, selon la Cour des comptes. Et environ 50 milliards d’euros supplémentaires pour les six futurs réacteurs annoncés en février par le chef de l’Etat, pour les mettre en service dès 2037, selon un scénario exécutif.

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