Semi-conducteurs : un projet de 5,7 milliards d’euros couronne le sommet “Choose France” Information fournie par l’AFP • le 07/11/2022 à 19:48

Siège social de STMicroelectronics à Paris, le 9 octobre 2017 (AFP / ERIC PIERMONT)

Un investissement phare dans les semi-conducteurs et 180 dirigeants étrangers invités : le président Emmanuel Macron et le gouvernement tiennent lundi au château de Versailles leur cinquième sommet “Choose France”, l’occasion de montrer l’attractivité de la France.

La journée a commencé par l’annonce de l’investissement de 5,7 milliards d’euros du franco-italien STMicroelectronics et de l’américain GlobalFoundries pour construire une usine de semi-conducteurs à Crolles, près de Grenoble.

“C’est le plus gros investissement industriel de ces dernières décennies, hors nucléaire, et un grand pas pour notre souveraineté industrielle : il y a 1.000 emplois en jeu”, a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, sur Twitter.

Il a également salué une “motion de confiance dans notre capacité à retrouver nos positions industrielles”, lors d’une conférence de presse à Versailles.

Ces annonces interviennent dans un climat de tension, suite aux révélations dimanche soir du journal Le Monde des liens entre Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie (2014-2016), et la société Uber. De divers témoignages et documents, ces “Uber Archives” concluent à l’existence d’un “accord” secret, destiné à aider la plateforme à consolider ses positions en France, qui a été vivement dénoncé par des élus de l’opposition.

Les projets d’investissements industriels présentés lundi après-midi à Versailles (6,7 milliards d’euros d’investissements, “plus de 4.000 emplois créés”), arrivent au bon moment pour le gouvernement, pressé par l’inflation pesant sur le pouvoir d’achat.

La future usine de semi-conducteurs s’inscrit dans le “Chips Act”, le programme de l’Union européenne pour retrouver une place aux côtés de l’Asie et de l’Amérique dans la production mondiale de semi-conducteurs, suite à la crise du Covid-19.

Les premières productions, possibles grâce à “un soutien financier important de l’Etat français”, selon les deux groupes, devraient être lancées à partir de fin 2023, avec une accélération à 2025-2026, selon l’Elysée. Environ 58% de la production sera destinée à GlobalFoundries et le reste à STMicroelectronics, ont indiqué les deux sociétés.

“Il s’agit d’une annonce clé pour la France”, a déclaré le PDG de STMicroelectronics Jean-Marc Chery à la presse de Versailles, disant espérer que cela ouvrira la voie à d’autres investissements de ce type dans le pays”. “.

Le président français Emmanuel Macron lors d’une visioconférence à l’Elysée à Paris pour l’ouverture du précédent sommet “Choose France”, le 25 janvier 2021 (POOL / Ludovic MARIN)

M. Macron sera là mardi pour présenter ce projet d’usine, qui sera à terme “le plus grand site français de production de puces et l’un des plus grands d’Europe”.

– Attrayant –

Pour l’Elysée, la participation record des chefs d’entreprise étrangers à “Choose France” – dans les éditions précédentes ils étaient de 120 à 130 – montre “un très fort intérêt de la part des dirigeants étrangers, après la réélection du président”.

Lors du déjeuner d’ouverture du sommet, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire leur a assuré qu’au cours des cinq prochaines années l’exécutif continuera à “baisser les taxes sur la production, améliorer les compétences de notre travail-travail et alléger les démarches administratives pour l’installation de nouveaux sites industriels”. », selon le texte de son allocution transmis à l’AFP.

Les dirigeants de Coca-Cola, Disney, Siemens, les banques américaines Citi, JP Morgan, Morgan Stanley, le conglomérat chinois Fosun ou encore le groupe de services financiers australien Macquarie seront sous l’or de Versailles. Emmanuel Macron a également rencontré de grands fonds souverains du Golfe, mais aussi de Corée du Sud ou du Canada.

“C’est une occasion unique d’échanger (…) avec de nombreux acteurs importants et pas seulement en France, mais à l’international”, a déclaré Luigi Corradi, PDG de la compagnie ferroviaire Trenitalia, qui vient d’entrer sur le marché français.

“C’est incroyable de voir qu’autant d’entreprises investissent en France, ça veut dire qu’on ne s’est probablement pas trompé” en le faisant aussi, a-t-il ajouté à l’AFP, saluant la “bonne collaboration” avec le gouvernement français.

FedEx va créer 1 000 emplois permanents à Roissy, près de Paris (GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MARIO TAMA)

Entre autres projets annoncés dans le cadre de “Choose France”, le spécialiste du colis express FedEx va créer 1.000 emplois à Roissy (Val-d’Oise), le cabinet de conseil Accenture 500 en Bretagne et le vietnamien Vinfast (automobile) de 350 à 400 dans des “showrooms” et ateliers, selon l’Elysée.

Le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) va investir dans des essais cliniques et l’allemand Vorwerk va installer une deuxième usine Thermomix en Eure-et-Loir.

La France s’enorgueillit d’être le pays le plus attractif d’Europe pour les investisseurs étrangers par le nombre de projets -1.222 en 2021-, sa taille, en revanche, est généralement plus petite, selon le baromètre du cabinet EY.

Depuis 2018, près de 80 projets d’investissement ont été annoncés, représentant 12 milliards d’euros et 21 000 emplois, dans le cadre des sommets “Choose France” : 25 ont été réalisés, 50 sont en cours et cinq ont été abandonnés ou reportés.

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