22:05, 4 juin 2022
Un duel extrêmement serré approche au cœur de Paris. D’après notre enquête exclusive Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio
, deux candidats devraient éclipser tous les autres, dimanche prochain, aux élections législatives de la circonscription 7. D’un côté, Clément Beaune (LREM), le jeune et sympathique ministre responsable de l’Europe, l’amour d’Emmanuel Macron”. En revanche, Caroline Mecary (LFI), avocate de 59 ans connue pour son engagement pour la cause LGBT, est une ancienne candidate EELV à la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale.
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Mecary en tête dès le premier tour
Le député macroniste sortant Pacôme Rupin n’a pas souhaité se représenter dans la circonscription de gauche aux élections municipales. Il comprend le 4e arrondissement, le Marais, les îles Saint-Louis et la Cité, la Bastille, mais aussi la majeure partie du 11e et le nord du 12e. Les habitants sont souvent décrits comme endoloris dans ce Paris animé où les bars et les restaurants foisonnent, ils cohabitent donc avec la population aisée du Paris historique et la communauté gay.
Selon l’Ifop, Caroline Mecary serait en tête des intentions de vote au premier tour le 12 juin (41%), devant Clément Beaune (36%). Les autres prétendants seraient diffusés sur le scrutin : la représentante d’Eric Zemmour, Constance Delétang (6 %) ; le porte-parole du groupe LR au Conseil de Paris, Aurélien Véron (5%) ; le candidat du Rassemblement national (2%) ; deux écologistes divers (2 % chacun ); un animalier (1,5%); un GWP (1,5%)[46 %]”La Nupes obtient un score assez élevé, avec moins de pertes que la présidentielle
Frédéric Dabi, directeur général de l’institut électoral, observe qu’aux législatives de 2017, la gauche dispersée pesait ici un peu plus de 36 %.
Dans un mouchoir au deuxième tour[36,4 %]Le candidat mélenchoniste partirait donc en position de force, car l’ordre d’arrivée compte. “Mais Clément Beaune a enduré le choc, atteignant à peu près le même niveau d’étiage qu’Emmanuel Macron il y a deux mois.
Frédéric Dabi a tempéré. Le report des voix de droite et d’extrême droite – même marginalisées – sera décisif le 19 juin. Le deuxième tour se jouera avec un mouchoir : 51 % pour Caroline Mecary, 49 % pour Clément Beaune. “Mais attention, il faut être très prudent”, a déclaré l’intervieweur. On est dans la marge d’erreur, la dynamique peut être activée. Une chose est sûre : le match est serré. »
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On est dans la marge d’erreur, la dynamique peut être activée. Une chose est sûre : le match est serré
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Un clivage important oppose les deux électorats, selon l’Ifop : les jeunes votent majoritairement pour le Nupes (57 % des moins de 35 ans au premier tour), ainsi que les classes populaires (50 %) et les cadres supérieurs (47 %) ; LREM attire davantage les plus de 50 ans (45%), les retraités (42%) et les habitants du 4e (42%). La mobilisation de ces différentes catégories est une clé du vote.
C’est pourquoi les candidats votent dans la circonscription. Mardi, Caroline Mecary a déambulé dans le Marché Popincourt, 11 boulevard Richard Lenoir, vêtue d’une veste en cuir rouge. Dans son pamphlet, il assume la tutelle de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui lui vaut quelques réactions épidermiques : « Mélenchon, c’est dommage ! -, mais aussi des signes de sympathie : « Sans l’ombre d’une hésitation, vous aurez mon vote. “La candidate interpelle ses interlocuteurs : ‘Macron nous promet un remède à l’austérité de l’enfer, c’est-à-dire un effondrement social et une restriction des services publics. »
La question municipale
Sous les arcades de la prestigieuse place des Vosges, dans le Marais, et sur le boulevard Saint-Antoine, Clément Beaune mène sa première campagne. En manches de chemise, il distribue timidement ses tracts, dans lesquels son visage juvénile se frotte à celui d’Emmanuel Macron. Un dynamique président des commerçants lui sert de guide, sélectionne les bars, traiteurs et fleuristes où il sait que l’accueil sera bon. Précaution inutile, car les habitants sont plutôt bienveillants, quand ils ne sont pas indifférents. Petit à petit, le candidat se détend, prenant des selfies avec les étudiants assis sur la terrasse. « Vous aimez l’Europe ? il leur demande. je suis le ministre ! »
Clément Beaune a laissé entendre qu’il pourrait se présenter aux élections municipales de 2026 à Paris. “Je veux m’engager à long terme dans cette ville”, a-t-il déclaré. Mais s’il ne remporte pas ces élections législatives, il devra quitter le gouvernement. C’est la règle que rappelle le président de la République. Il s’en prend alors « aux illusions et au déni de la gauche, cannibalisée par l’extrémisme de Mélenchon », et revendique à son tour une « sensibilité de centre gauche », qu’il qualifie de « gauche de Delanoë ». Il a un “projet réaliste, écologique, européen, de justice sociale”, assure-t-il. Caroline Mecary, insiste sur le SMIC de 1.500 euros, la retraite à 60 ans, l’écologie… Elle souligne “la gauche s’est enfin réunie”.
De son côté, le candidat de droite, Aurélien Véron, est voué au rôle de spectateur et rêve d’un “trou de souris” improbable entre “un extrémiste radical plutôt scabreux” et “un gros bébé techno-parachute”. Que le meilleur gagne.
Sondage réalisé par téléphone du 31 mai au 3 juin, auprès de 601 personnes issues d’un échantillon représentatif de la population du VIIe arrondissement de Paris. La marge d’erreur est comprise entre + ou – 1,8 points et + ou – 4,1 points.