Sur la question du droit à l’IVG, le RN joue à sa guise

Le parti de Marine Le Pen n’a pas réagi vendredi soir à l’annonce de la remise en cause du droit à l’avortement aux Etats-Unis. Ce samedi, le RN rappelle que son candidat à la présidentielle n’a pas proposé de revenir sur cette question.

Le rassemblement national (RN) silencieux sur la question du droit à l’IVG ? Si une grande partie de la classe politique française de gauche et de droite avait rapidement condamné l’annonce vendredi de l’arrêt de la Cour suprême américaine reconsidérant le droit à l’avortement aux Etats-Unis, les représentants du parti d’extrême droite ne se sont eux pas positionnés sur le sujet. Le RN a réagi ce samedi à BFMTV.com, affirmant qu’il ne s’oppose pas au droit à l’IVG, mais qu’il “connaît (re)(ses) priorités”.

Si l’annonce de la décision historique de la Cour suprême vendredi soir a suscité à la fois colère et inquiétude dans la classe politique française, aucune réaction n’est venue du RN.

Mais pour Philippe Ballard, député de l’Oise et porte-parole du RN, il ne s’agit nullement d’un signe d’approbation par son parti de la décision de la justice américaine.

“En France, il y a la loi Veil”, qui garantit le droit à l’avortement, rappelle-t-il dans un premier temps. “Pendant sa campagne, Marine Le Pen n’a pas appelé à son retrait”, explique-t-il.

Mais comment se positionnerait le parti d’extrême droite si un projet de loi était déposé pour inscrire le « respect de l’avortement » dans la Constitution, comme le suggèrent les groupes Renaissance et Nupes ? « Nous connaissons nos priorités », coupe le porte-parole, préférant mettre en avant le pouvoir d’achat.

Changement de poste

Cependant, la position de plusieurs membres du RN a montré fluctuer au fil des ans. La députée varoise Laure Lavalette avait signé en 2014 un texte d’une association pour réclamer l’abrogation du droit à l’IVG, alors qu’elle affirme aujourd’hui que Sortie que “ce n’est pas anti-avortement” et qu’il ne fait pas de l’abrogation de la loi Veil “un objectif politique”.

Sans jamais se déclarer carrément opposée au droit à l’IVG, Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle, s’est dite favorable à l’abolition de l’IVG en 2011.

“Je pense qu’il faut arrêter de rembourser l’avortement. Aujourd’hui, il y a assez de contraceptifs. De manière générale, il faut promouvoir le respect de la vie dans notre société”, a-t-elle déclaré à l’AFP à La Croix.

Une déclaration sur laquelle il revient en 2022. “En fait, je n’étais pas pour le remboursement, même à cette époque (…), j’étais pour le remboursement des avortements multiples”, assure-t-il à Raw.

Regrettant que les femmes aient recours aux « avortements de confort », Marine Le Pen a précisé en 2012 qu’elle ne voulait pas remettre en cause le droit à l’avortement, mais a dénoncé les « excès » et les « avortements multiples », utilisés, dit-elle, comme contraceptifs. . .

Contre l’allongement de la durée de l’IVG

La question de l’avortement a ensuite fait l’objet de dissensions au sein du parti en 2016, lorsque Marion Maréchal, partie depuis à la Reconquête, a affirmé qu’en cas de victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de l’année prochaine, « ce sera nécessaire de revenir au remboursement intégral et illimité de l’avortement, car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels.

Mais elle est vite remise en question par Florian Philippot, désormais à la tête des Patriotes, qui se dit “seule et isolée” dans son parti sur la question. Marine Le Pen, pour sa part, affirme qu'”il n’y a pas de changement dans le programme, ni dans le périmètre, ni dans l’accès, ni dans le remboursement de l’IVG”.

Plus récemment, alors que l’Assemblée nationale parlait d’allonger la durée de l’interruption volontaire de grossesse de 12 à 14 semaines, la candidate alors à la présidence du RN s’est prononcée contre le projet de loi, dénonçant un acte “traumatique pour les médecins et les femmes”.

“Je suis pour l’avortement, mais contre l’allongement du délai de 12 à 14 semaines”, déclare-t-elle à RTL.

Le Parlement a voté en février dernier une loi prolongeant le délai légal d’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour répondre au manque de professionnels et à la fermeture progressive des centres d’IVG.

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