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Accusée de “fraude en bande organisée”, “blanchiment d’argent” et “usage de contrefaçon”, la prestigieuse société parisienne de vente aux enchères est accusée d’avoir vendu de nombreux objets issus du pillage dans des pays en guerre.
Des dizaines d’antiquités ont été vendues aux enchères par leurs commissaires-priseurs malgré leur origine illégale. Située avenue de Kléber, dans le triangle d’or de Paris, la prestigieuse maison de vente aux enchères Pierre Bergé et Associés est soupçonnée d’avoir joué un rôle clé dans le grand trafic qui a mis au jour la justice française. Un scandale qui s’est intensifié le 25 mai avec l’accusation de l’ancien patron du Louvre, Jean-Luc Martinez, pour “blanchir” et « complicité de fraude organisée ».
Alors que des recherches aux États-Unis, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ont identifié plusieurs galeries et musées étrangers liés à ce trafic, le département d’archéologie de Pierre Bergé et Associés s’est imposé comme “L’un des vecteurs les plus importants de cette forme de trafic illicite”, selon des chercheurs de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), chargé de démanteler un réseau aussi étendu. En mars, la société commerciale a été poursuivie en tant que personne morale par “fraude en bande organisée”, “blanchiment”, “utilisation de la contrefaçon”, “dissimulation de vol en bande organisée” et “faire obstacle à la liberté d’enchères”. Sortiequi a eu accès à de nouveaux documents inédits, révèle comment l’entreprise est devenue une porte d’entrée privilégiée en mer…