Les premiers décès, hors d’Afrique, de personnes infectées par la variole du singe ont été annoncés vendredi, à quelques heures d’intervalle, par l’Espagne et le Brésil. Ils portent à huit le nombre de décès signalés dans le monde depuis mai, les cinq premiers étant signalés en Afrique, où la maladie est endémique et a été détectée pour la première fois chez l’homme en 1970.
“Il est important de préciser qu’il avait de graves comorbidités, pour ne pas semer la panique dans la population. La mortalité (liée à cette maladie) reste très faible”, a déclaré le secrétaire à la Santé du Minas Gerais, Fábio Baccheretti, qui a expliqué que le patient suivait un traitement contre le cancer.
En Espagne, l’un des pays qui compte le plus de cas au monde, 4 298 personnes ont été infectées selon les dernières données du Centre de coordination des alertes et urgences sanitaires.
La Belgique dans le “top 5”
Côté belge, on compte 97 cas par million : “Cela veut dire que nous sommes parmi les cinq premiers pays avec le plus d’infections par million”, rapporte Marc Van Ranst, interrogé par le Nieuwsblad. Le nombre d’infections est pourtant bien plus élevé aux Etats-Unis que chez nous, mais n’apparaît pas dans ce classement à 30 infections par million : “C’est simplement parce que plus de gens y vivent.” Plusieurs États américains ont également déclaré l’état d’urgence, dont New York.
Le virologue belge appelle à la prudence : “Heureusement, la plupart des patients guérissent d’eux-mêmes et on ne constate pas un taux de mortalité comme avec le covid. C’est rassurant. Mais c’est quand même très important pour éviter les risques”.
L’OMS a recommandé aux hommes de limiter leur nombre de partenaires avec d’autres hommes : “Si le nombre d’infections continue d’augmenter, il augmentera aussi dans d’autres groupes. On le voit déjà chez les enfants, entre autres”, rapporte Marc Van Ranst.
Un deuxième mort en Espagne
Une deuxième personne atteinte de la variole du singe est décédée en Espagne, a rapporté samedi le ministère de la Santé, au lendemain de l’annonce du premier décès dans le pays d’une personne infectée par ce virus.
“Parmi les 3.750 patients (…), 120 cas ont été hospitalisés et deux sont décédés”, a indiqué le Centre de coordination des alertes et des urgences sanitaires du ministère dans son dernier bilan publié samedi, sans préciser la date de ce deuxième décès.
Contacté par l’AFP, le ministère n’a pas fourni plus de détails, précisant qu’il s’agit de deux patients atteints de “variole du singe” et évoquant “des analyses qui pourront être faites ultérieurement pour pouvoir déterminer la cause du décès”.
70% des cas en Europe
Le 24 juillet dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis le plus haut niveau d’alerte, l’urgence de santé publique internationale (USPPI), pour renforcer la lutte contre la variole du singe, également appelée orthopoxvirus.
Selon l’OMS, depuis début mai, plus de 18 000 cas ont été détectés dans le monde en dehors des zones endémiques d’Afrique.
La maladie a été signalée dans 78 pays et 70% des cas sont concentrés en Europe et 25% en Amérique, a indiqué mercredi le directeur de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Environ 10 % des cas nécessitent une hospitalisation pour tenter de soulager la douleur ressentie par les patients.
Dans la plupart des cas, les patients sont des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, sont relativement jeunes et vivent principalement dans les villes.
Les premiers symptômes sont une forte fièvre, des ganglions lymphatiques enflés et une éruption cutanée semblable à la varicelle.
“Réduire les risques”
Mercredi, l’OMS a clairement conseillé au groupe le plus touché par la maladie, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, de réduire le nombre de partenaires sexuels.
Le meilleur moyen de se protéger “est de réduire le risque d’exposition” à la maladie, a expliqué le directeur général de l’OMS, lors d’une conférence de presse à Genève.
La variole du singe n’est actuellement pas considérée comme une maladie sexuellement transmissible et n’importe qui peut la contracter. Le contact direct peau à peau mais aussi les draps ou les vêtements infectés sont des vecteurs de transmission de la maladie.
L’OMS insiste également fortement sur la nécessité d’éviter toute stigmatisation d’une communauté particulière, qui pourrait conduire ses membres à cacher la maladie, à ne pas se faire soigner et à continuer à la propager.
Pour le moment, l’OMS souligne qu’il n’y a pas de vaccins pour tout le monde et recommande donc de prioriser ceux qui sont le plus à risque, ceux qui sont malades et ceux qui les soignent ou les fabriquent.
“Il est important de noter que la vaccination ne protège pas instantanément contre l’infection ou la maladie et cela peut prendre plusieurs semaines”, a averti le Dr Tedros. Une fois vacciné, vous devez donc continuer à prendre des précautions.
La vaccination est réalisée avec deux doses, séparées d’au moins 28 jours. Pour les personnes vaccinées contre la variole dans l’enfance, une dose suffit. Une troisième dose est recommandée pour les personnes immunodéprimées.