Grand gâchis pour certains, vote pragmatique pour d’autres. Le rejet par le Parlement européen de la résolution s’opposant à l’inscription des activités nucléaires et gazières dans la liste des activités écologiquement durables a continué de faire débat hier après-midi dans les couloirs de Strasbourg, ainsi que dans le social et dans certaines capitales. Preuve de la complexité des enjeux, les divisions sont apparues jusque dans la majorité des familles politiques présentes à l’hémicycle, rendant incertain l’issue de ce vote jusqu’à la fin de la proposition de la Commission européenne d’attribuer un “label vert” au gaz et nucléaire. .
Au final, quid du résultat, provisoire ? – de cette saga autour du projet “taxonomie” ?
Un principe de réalité s’impose : l’Europe aura besoin encore longtemps de gaz et d’énergie nucléaire. Avec l’électrification croissante de nos économies – on ne pense qu’au secteur automobile – notre consommation d’électricité va exploser dans les prochaines décennies. Le développement des énergies renouvelables, les investissements visant à améliorer l’efficacité énergétique de nos bâtiments ou l’adoption de comportements plus vertueux ne suffiront pas à moyen terme à assurer la transition énergétique. La nécessité est donc loi. Mais cette réalité ne doit pas occulter l’urgence pour l’Europe d’accélérer un virage énergétique majeur autour des « vraies » énergies vertes de demain. La guerre en Ukraine a une fois de plus cruellement remis sur le devant de la scène la question de notre indépendance énergétique. Les risques liés à la gestion des déchets nucléaires et à leur financement ne sont pas non plus à exclure.
L’Union européenne avait marqué des points avec la mise en place du “Green Deal”. Une belle opportunité a été ici perdue de consolider cette dynamique et de s’affirmer comme une référence internationale en matière climatique à travers un classement crédible et ambitieux de ce qui est ou non durable. Et en même temps orienter rapidement et massivement les futurs investissements vers les technologies vertes pour faire de l’Europe un continent résolument plus durable.