Variole du singe : “Il y a une réelle inquiétude concernant la campagne de vaccination”

10h00, 22 juillet 2022, modifié à 10h43, 22 juillet 2022

1 453. C’est le nombre de cas de variole du singe enregistrés sur le territoire, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires. “L’augmentation du nombre de cas depuis le dernier bilan publié s’est étalée sur les dernières semaines et ne doit pas être interprétée comme une augmentation exceptionnelle, bien qu’une tendance à la hausse soit observée”, a indiqué Santé publique France sur son site. Si la vaccination préventive a été étendue aux “groupes les plus exposés” tels que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) ainsi que les personnes trans multipartenaires, les personnes qui se livrent à la prostitution et les professionnels des lieux de consommation sexuelle, sur le terrain, les associations dénoncent la lenteur du lancement de la campagne de vaccination et les difficultés rencontrées pour obtenir un rendez-vous.

“Après la satisfaction d’avoir vu évoluer les recommandations vaccinales, ce fut une douche froide, raconte Camille Spire, présidente d’Aides, l’association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales. On voit sur le terrain que ça ne suit pas. Il y a beaucoup de gens qui demandent à être vaccinés. Mais ces personnes sont sur la liste d’attente. Et pour certains, l’attente est longue, certaines places ne seront disponibles qu’en septembre. “Les gens doivent attendre le rendez-vous, ce n’est pas tenable”, se plaint-il. Il y a un vrai souci. Nous avons ouvert un compte sur Telegram Messenger afin de pouvoir répondre aux questions des parties intéressées, et il y a des dizaines et des dizaines de questions chaque jour. »

Un seul centre de vaccination à Toulouse

Si l’Ile-de-France concentre la majorité des cas (678 au 19 juillet), le reste du territoire n’est pas épargné par la variole du singe. Dans le détail, Santé publique France recense “111 cas en Occitanie, 103 en Auvergne-Rhône-Alpes, 65 en Nouvelle-Aquitaine, 55 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 41 dans les Alts-de-France, 25 dans le Grand Est, 18 en Normandie, 15 en Pays-de-la-Loire, 9 en Bourgogne-Franche-Comté, 9 en Centre-Val de Loire, 9 en Bretagne et 1 en Martinique. Jeudi “Les vaccins n’en étaient pas encore là”, assure Guy Molinier, directeur de l’action cours santé chez Act Up Sud-Ouest.

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Le Centre libre d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) de Toulouse est le seul à “avoir été nommé centre de vaccination”. “Avant l’ouverture, entre lundi et mardi, le CeGIDD a déjà reçu 150 demandes de vaccination”, déclare celui qui est également vice-président de la Commission de coordination de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le virus de l’immunodéficience humaine (Corevih) Occitanie.

Il y a un vrai déficit sur tout le territoire

« Il y a un vrai déficit sur tout le territoire, pointe aussi de son côté Camille Spire. On aimerait qu’il y ait un effort dans les resorts et les lieux de villégiature. C’est là que les gens iront pendant l’été, il faut donc accélérer la vaccination dans les zones moins denses que Paris ».

Le manque de ressources humaines

Au vu de la situation, Corevih Occitanie a sollicité une réunion d’urgence, dès la semaine prochaine, avec l’Agence régionale de santé (ARS) afin de savoir quelques jours après le début de la vaccination, “où nous en sommes concrètement, et sont les autres structures capables “. pour satisfaire la demande », explique Guy Molinier. Le responsable d’action du parcours santé d’Act Up Sud-Ouest pointe le manque de moyens humains pour mener à bien la campagne de vaccination. “Nous sommes dans une situation où l’hôpital ne peut plus fonctionner. Le CeGIDD est sous l’eau, s’inquiète-t-il. Le ministère, par l’intermédiaire de l’ARS, doit donner les moyens aux CHU et aux hôpitaux qui mettent en place la vaccination en plus des activités qu’ils font habituellement. »

On ne peut pas tout reposer à l’hôpital

Un constat partagé par Camille Spire. “Nous ne pouvons pas tout faire reposer à l’hôpital”, dit-il. Le président d’Aides demande à l’Etat que les professionnels de santé libéraux, pharmaciens ou médecins, puissent également délivrer des doses de vaccin contre la variole du singe. “S’ils sont volontaires, ils doivent pouvoir participer.”

Doses insuffisantes de vaccins

Face aux critiques, les autorités sanitaires ont assuré mercredi 13 juillet l’arrivée de doses de vaccins dans 70 centres de vaccination. Dans le détail, 7.500 doses du stock national de vaccins antivariolique ont été stockées pour la semaine du 13 juillet, a indiqué Clément Lazarus, de la Direction générale de la santé, lors d’une audition sur le monkeypox devant la commission des affaires sociales du Sénat. 5 000 doses supplémentaires étaient prévues pour les deux semaines suivantes. Un nombre jugé insuffisant par l’association Aides. “On calcule que pour la première injection, ce serait plus de 150.000 doses. On est bien en dessous de ce qu’il faut”, regrette Camille Spire.

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Du côté des associations, la crainte d’une explosion des cas est partagée. “Plus on attendra, plus ce sera compliqué de ralentir”, prévient le président d’Aides qui appelle à une “vraie accélération” de la campagne de vaccination dans les deux prochaines semaines. “Cela doit être plus simple et plus transparent.”

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