“Bien que [le cancer] c’est-à-dire que c’est une maladie très grave, on a quand même une bonne nouvelle », a déclaré vendredi 3 juin à franceinfo le professeur Fabrice André, directeur de recherche à l’Institut Gustave-Rousy de Villejuif (Val-de-Marne). dédié au cancer. s’ouvre à Chicago : “Aujourd’hui, nous pouvons dire que grâce à la prévention, probablement un petit nombre de cancers sont en voie d’éradication”, a-t-il déclaré.
L’immunothérapie et, plus récemment, la biothérapie permettent de mieux soigner les patients atteints de cancer en renforçant leur système immunitaire. “Les biotechnologistes peuvent créer des médicaments” qui “reproduiront ou activeront la cellule immunitaire”. Selon lui, grâce à cette nouvelle avancée, “le champ des possibles est infini”.
franceinfo : Peut-on dire qu’on traite de plus en plus de cancers ?
Fabrice André : Bien que ce soit une maladie très grave, nous avons quand même de bonnes nouvelles. Premièrement, en termes de dépistage et de prévention. On voit par exemple qu’en Australie on envisage d’éradiquer le cancer du col de l’utérus par la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV). C’est absolument important. Nous avançons également dans le domaine des traitements qui accompagnent l’immunothérapie et de plus en plus les biotechnologies thérapeutiques, ce qui fait que les chercheurs construisent des médicaments, un peu comme des ensembles.
Les cancers sont-ils en augmentation dans certains pays ?
Aujourd’hui, grâce à la prévention, un petit nombre de cancers sont susceptibles d’être éradiqués.
Il a fallu moins d’un an pour trouver un vaccin contre le Covid-19. Y aura-t-il un jour des vaccins contre tous les cancers ?
Nous n’aimons pas dire “tout le monde”, mais nous pensons qu’aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons aller vers des vaccins de prévention du cancer qui seront plus personnalisés pour une partie de la population.
Sera-ce grâce à la technologie ARN?
Au début, la technologie de l’ARN a été conçue pour le vaccin contre le cancer. En fait, il y a eu des études cliniques dans lesquelles il y a des réductions de la taille de la tumeur. La difficulté avec ces vaccins est de trouver le bon ARN à insérer pour générer une réponse immunitaire.
Le dépistage systématique des fumeurs et ex-fumeurs est-il une voie d’espoir ?
C’est absolument transformateur. De vastes études cliniques comparatives ont été menées, notamment en Europe, et montrent qu’il réduit significativement la mortalité par cancer du poumon d’environ 20 à 30 %. Mais le défi est maintenant principalement la mise en œuvre. On fait des découvertes, on les valide. Elles doivent ensuite être mises en œuvre à l’échelle d’un territoire.
Après l’immunothérapie, qui renforce le système immunitaire car elle détruit les cellules cancéreuses, on parle maintenant de biothérapie. Qu’est-ce que c’est exactement ?
Tout d’abord, un peu grarruc. Il existe trois immunothérapies pour le cancer. Il traite des centaines de milliers de personnes par an. Deux sont de la recherche publique en France. Quand les gens font des dons à des fondations, ils font des découvertes. Le but est d’activer le système immunitaire pour détruire la cellule cancéreuse. Il y a des médicaments qui existent déjà, on les appelle des anticorps. C’est ce qui se passe naturellement contre les infections. Par conséquent, il est détourné pour améliorer l’activation du système immunitaire.
Il y a aussi des choses qui se passent, comme reconstruire des cellules pour les injecter au patient. Ces cellules vont détruire le cancer. Les biotechnologistes peuvent alors créer des médicaments qui permettront à la cellule immunitaire de se reproduire ou d’activer la cellule immunitaire. Bref, le champ des possibles est infini quand on parle de construction, de synthèse de nouvelles molécules.