Prévention du suicide : “On est vite surpris de la puissance de l’écoute”

Signaler

Article réservé aux abonnés

Chaque année, Suicide Listening répond à plus de 20 000 appels de personnes en grande détresse. En effet, les appels sont plus nombreux, mais faute de bénévoles suffisants, l’association ne peut répondre à toutes les demandes.

13h30, le téléphone sonne. Dominique collectionne : “Suicide, écoute, bonjour.” Du téléphone laissé sur haut-parleur, il n’obtient qu’un long silence en réponse. Puis une voix de femme se fait douloureusement entendre, lente, fatiguée “Je veux parler, madame. Mais parfois ça ne sort pas.” Adossée à un bureau d’un petit bureau parisien ce matin d’août, le regard perdu dans le vide, Dominique écoute patiemment. Laissez la personne faire confiance en jouant avec un stylo avec vos doigts. Petit à petit, l’appelant lui parle de ses problèmes de santé, de sa peur, de ses difficultés à dormir. Elle avoue être faible, “très affligé”, et conclut la moindre de ses phrases par “Madame”. Son discours est confus, difficile à suivre.

Dominique prend quelques notes, tente de la rassurer, finit parfois, après d’interminables blancs, par poser une ou deux questions. L’appel se termine. Au bout du fil, la jeune retraitée aux yeux bleus perçants explique avoir reconnu “un habitué” OMS “appelle très souvent et répète un peu” : “Elle rencontre toujours un nouveau facteur de stress. Appeler ici, même si on ne lui donne pas vraiment de conseils, lui fait du bien, ça la calme un peu.

Dès qu’il eut raccroché, le téléphone sonna à nouveau. Une dame lui dit que son fils veut mettre fin à ses jours. Un autre suit qui parle d’avoir “un peu marre de la vie, de tout”.Puis un homme“alcoolique”

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *